Pourquoi est-ce si difficile de perdre du poids ?

Contexte actuel vs 100 ans en arrière

On ne va pas se voiler la face, si vous avez déjà suivi un régime de perte de poids, vous et moi savons très bien que ce n’est pas une partie de plaisir. C’est même très contraignant, fatiguant et parfois même frustrant. Pourtant aujourd’hui c’est quelque chose devenu tellement monnaie courante que l’on ne connais finalement que très peu d’adultes qui ne s’y sont pas essayés. Avec nos modes de vie actuels penchant largement en faveurs de la malbouffe et de la sédentarité on comprend pourquoi les régimes de perte de poids sont autant à la mode.

Il y a plus de 100 ans en arrière l’idée de modifier son régime alimentaire et son train de vie pour perdre du poids était quelque chose d’insensé pour la plupart, les conditions de vie permettaient d’être plus actif et de manger plus sainement et en moins grande quantité. Aujourd’hui c’est tout le contraire, en voulant optimiser son confort et son accès à la nourriture, l’humain se retrouve piéger par sa propre stratégie d’évolution. Une abondance de calories de mauvaise qualité à portée de main amène de plus en plus de monde à devoir entamer une restriction calorique en guise de compensation pour garder la santé et la ligne.

La survie avant tout !

Le problème majeur auquel nous faisons tous face lorsque nous décidons de perdre du poids c’est que notre corps a tendance à s’y opposer. Mais pourquoi donc ? Ce qu’il faut comprendre avant tout, c’est qu’une perte de poids signifie perte d’énergie et, avoir suffisamment d’énergie à disposition est une condition sine qua none à tout être vivant pour qu’il puisse survivre.

Durant des centaines de milliers d’années d’évolution, l’espèce humaine a perduré et s’est développée car notre organisme a su s’adapter à son environnement. Une des façons qui nous a permis de survivre consiste en sa formidable capacité à stocker une grande quantité d’énergie sous forme de graisses corporelles. Cette réserve d’énergie nous a permis de survivre lors des longs hivers glaciaux où la végétation était absente ou bien lors de période de famine ou bien encore en temps de guerre. Pour chacune de ces situations, les réserves de graisses corporelles se sont être avérées cruciales pour la survie, les individus qui en disposaient suffisamment pouvaient survivre tandis que les autres mouraient. Notre corps est donc une machine programmée pour la survie qui aime plus que tout l’énergie et cette dernière lui est très précieuse.

Lorsque vous faites un régime de perte de poids et que votre corps met en place tout un stratagème de signaux pour vous faire craquer et vous faire manger, ce n’est pas parce qu’il vous déteste mais parce qu’il veut garder cette énergie qui est gage de garantie pour vous maintenir en vie !

Définition du problème

Pour perdre du poids, il faut être en restriction calorique, c’est à dire dépenser plus d’énergie que l’on en consomme. Donc d’un point de vue théorique, perdre du poids est super simple, on mange moins et/ou on se dépense davantage et ensuite on laisse faire le temps. Mais si c’était aussi simple, il n’y aurait pas tout un engouement autour du marketing de la perte de poids et je ne serais probablement pas en train d’écrire cet article.

La triste vérité c’est que, bien souvent, ce que nous souhaitons pour notre corps est en opposition avec ce que le corps souhaite lui-même. Dès lors, pendant une perte de poids, nos réserves d’énergie disponibles diminuent à mesure que l’on perd du gras et ça, le corps le sait et ça lui déplait ! Il va alors faire en sorte d’activer ses mécanismes de défense pour contre-carrer cette situation déplaisante et retrouver un état d’équilibre pour lequel il estime que les réserves d’énergies (et donc de graisses corporelles) sont convenables et sécuritaires pour sa survie.

Les mécanismes de défenses contre la perte de poids

Parmi ces mécanismes, des signaux tels la faim, le sentiment de privation et l’anxiété se manifestent dès les premières semaines de perte de poids et jouent contre nous pour inciter à abandonner. A mesure que la perte de poids continue, les signaux s’intensifient et vont même jusqu’à agir sur notre humeur et notre comportement. Certaines personnes vont devenir extrêmement désagréables avec leur entourage tandis que d’autres peuvent devenir dépressives et se refermer sur elles-mêmes.

En plus de ces signaux, des changements physiologiques s’opèrent dans notre corps pour nous permettre d’être énergétiquement plus économe, de dépenser moins d’énergie afin de privilégier la survie comme vous le savez maintenant. Ces changements sont en lien direct avec le métabolisme, c’est à dire la machinerie énergétique du corps. On peut voir cette dernière comme une centrale dont la capacité de fabrication d’énergie peut être revue à la hausse ou à la baisse. Si suffisamment de matières premières de qualité lui sont fournis (ici aliments), alors elle tourne à plein régime et est capable de produire beaucoup d’énergie (ATP). A l’inverse, si les stocks de matières premières (graisses corporelles) diminuent rapidement et de façon prolongées, la production d’énergie sera ralentie afin de préserver les stocks et faire tourner la centrale le plus longtemps possible. Le corps humain est beaucoup plus complexe mais grossièrement voilà l’idée de ce qu’est le métabolisme.

Pour la personne qui suit une perte de poids assez agressive et/ou prolongée, une diminution du métabolisme aura pour conséquences :

  • Fatigue : le corps fabrique moins d’énergie, il en a donc moins à disposition d’où le sentiment de léthargie et de faiblesse que l’on rencontre en perte de poids.
  • Froid : une partie de l’énergie produite par le corps sert à maintenir une certaine température corporelle où l’on se sent bien. Si on produit moins d’énergie, on produit moins de chaleur et le thermostat corporel diminue.
  • Lenteur : nos gestes sont plus lents, on est beaucoup moins réactif, on réfléchi plus lentement et on a parfois même des difficultés à tenir une conversation.
  • Difficulté de concentration même sur des tâches qui nous font plaisir.
  • Libido en berne : il s’agit d’un mécanisme de sécurité mis en place par l’organisme pour empêcher la reproduction. Concevoir un enfant en bonne santé demandant de l’énergie, le moment est donc mal choisi.
  • Absence ou diminution du désir d’entreprendre et d’agir. Le corps cherche à s’économiser, ce n’est pas le moment d’investir dans des activités secondaires à la survie.

Non seulement notre organisme nous met des bâtons dans les roues avec l’envoie toujours plus prononcé de signaux visant à nous faire manger, mais il diminue en plus notre capacité à utiliser les graisses corporelles. Ainsi donc, à mesure que l’on perd du poids, il devient davantage difficile d’en perdre pour 2 raisons :

  • Les sensations de faim couplés à la privation alimentaire nous font nous sentir de plus en plus mal.
  • La diminution du métabolisme se traduit par une diminution des dépenses énergétiques. Pour continuer de perdre du poids, il va alors falloir manger encore moins et/ou augmenter son activité physique. Les conséquences citées précédemment vont alors s’amplifier !

Une bataille sans fin !

Supposons que l’objectif de perte de poids a été atteint. Super, la tempête est passée et maintenant on peut vivre en étant mieux dans sa peau ! La situation idéale serait que l’on puisse remanger à notre faim et que les changements physiologiques qui s’étaient opérés disparaissent immédiatement.

Là encore, le corps va faire son difficile et va nous faire comprendre que ce que nous lui avons fait subir ne lui a pas plu. La perte de poids a engendrée une diminution des réserves de graisses corporelles et donc, à la moindre occasion, plus que jamais, notre corps se prépare à stocker tout ce qu’il peut pour récupérer une partie de ce qu’il a perdu. C’est la raison pour laquelle, la majorité des personnes ayant suivi un régime de perte de poids regagne l’intégralité voire plus de ce qu’elles ont perdu en un rien de temps si l’alimentation n’est pas correctement gérée.

Un retour aux anciennes habitudes de consommation alimentaire à la suite d’un régime ne peut mener qu’à la reprise du poids perdu. Pour cette raison, les régimes de perte de poids sont inefficaces et contre-productif sur le long terme. La stratégie a envisagée pour une perte de poids réussie vise à mettre en place des changements dans l’hygiène de vie, c’est à dire ce qui englobe, entres autres, la façon de s’alimenter et l’activité physique. Pour avoir une idée des changements à mettre en place je vous revoie vers cet article.

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