Les différents types de graisses corporelles

Quand on parle de graisses corporelles, on fait référence aux triglycérides stockés dans nos cellules graisseuses. Bien qu’il y en ait une partie dans nos muscles, les triglycérides intramusculaires ne représentent qu’une toute petite portion en comparaison de tout ce que nous avons en réserve dans nos cellules graisseuses.

On estime qu’un individu moyen possède environ 30 milliards de cellules graisseuses composées à 90% de triglycérides stockés sous la forme d’une grosse gouttelette lipidique à l’intérieur de chaque cellules graisseuses. Les 10% restants sont représentés par de l’eau ainsi que toute la machinerie enzymatique qui contrôle le métabolisme des cellules.

Cependant, toutes les cellules graisseuses ne sont pas les mêmes. On a jusqu’à aujourd’hui pu identifier 4 types de cellules graisseuses. Un de ces types peut par ailleurs être subdivisé en 2 sous-types mais je vais y venir plus loin.

Les graisses essentielles

Il s’agit du strict minimum de graisses dont nous avons besoin pour survivre, elles représentent environ 3% du taux de masse grasse chez l’homme et 9% chez les femmes. Si on descend en dessous de ce taux de masse grasse, on meurt, tout simplement. Ces graisses servent à assurer certaines fonctions premières dans le cerveau et la moelle épinière entres autres. Il est impossible de survivre sans ces graisses essentielles donc si quelqu’un vous dit qu’il est à 2% de masse graisse, soit il ment, soit son moyen de mesure est imprécis. Bien souvent il s’agit des moyens de mesure qui s’avèrent être bien moins précis que le fabricant le prétend.

Avoir conscience de la présence de ces graisses essentielles n’a d’intérêt que dans le cadre d’une perte de gras liée à l’anorexie ou bien pour la préparation d’une compétition de bodybuilding exigeant un niveau de sèche extrême.

Les graisses brunes

Il s’agit d’un type de cellules graisseuses qui a la particularité de pouvoir « brûler » (=utiliser) les graisses des autres types de cellules afin de produire de la chaleur. Les graisses blanches, qui composent toutes les autres cellules graisseuses, sont constituées à 90% de triglycérides. A contrario, les graisses brunes sont constituées majoritairement de mitochondries avec très peu de triglycérides. Les mitochondries sont les usines de production d’ATP (=énergie) du corp. Leurs hautes teneurs en mitochondries rendent donc les graisses brunes idéales pour produire de la chaleur à partir d’acides gras.

Comparaison entre une cellule graisseuse blanche (gauche) et une cellule graisseuse brune (droite)

On retrouve ce type de graisses chez les animaux hibernants pour qu’ils puissent garder une température corporelle leur permettant de résister au froid de l’hiver.

Chez les humains en revanche, une fois passé le stade de nouveau né, nous perdons la majorité de nos graisses brunes au détriment des graisses blanches. Les seules graisses brunes dont nous disposons sont situées autour des clavicules alors que quand nous étions nouveau né nous en avions davantage dans la région intra scapulaire mais aussi autour des gros vaisseaux sanguins, des reins et du cœur.

Localisation des graisses brunes chez le nouveau né

Étant donné la très faible quantité de graisses brunes que nous possédons à l’âge adulte, je me permets d’émettre de gros doute quant à l’efficacité des produits diététiques qui mettent en avant l’activation de ce type de graisse pour la perte de poids.

Les graisses viscérales

Il s’agit des graisses qui sont situés dans notre région abdominale tout autour de nos organes. Ces graisses sont présentes en profondeur dans notre abdomen et leur présence en excès donne une apparence de ventre rond que l’on nomme aussi « ventre à bière » car elles font ressortir les intestins.

Les hommes ont tendances à avoir davantage de graisses viscérales que les femmes car la testostérone et le cortisol favorisent leur développement à cet endroit. La répartition des graisses entre les hommes et les femmes est dictée majoritairement par la quantité d’hormones mâles et femelles dont chacun et chacune disposent.

Les hommes accumulent facilement de la graisse viscérale, leur donnant un aspect de pomme lorsque celle-ci est présente en grande quantité. Tandis que les femmes en accumulent facilement de la graisse au niveau des cuisses et des fesses, leur donnant un aspect de poire. Par ailleurs, certains femmes dont le taux de testostérone plus élevé que la normale possède une répartition graisseuse similaire à celle d’un homme.

Comparaison entre la répartition des graisses chez l’homme et la femme

La quantité de graisse viscérale représente un facteur de risque à ne pas négliger. En effet, présente en excès, la graisse viscérale déverse des acides gras dans le sang qui interfèrent avec le fonctionnement normal du cycle lipidique et de l’utilisation du glucose par les cellules. Cela conduit à un excès de triglycérides et de sucre dans le sang qui, à la longue, mènent au diabète et aux maladies coronaires. De ce fait, cette facilité à accumuler de la graisse viscérale rend les hommes plus vulnérable au diabète de type 2 et aux maladies cardiovasculaires que les femmes.

Néanmoins, la graisse viscérale représente la graisse la plus facile à faire partir. Même si elle se stocke facilement, elle se déstocke aussi facilement et partira en premier lors d’un régime de perte de poids. Le meilleur moyen pour se débarrasser de cette graisse viscérale reste l’activité physique et en particulier la combinaison d’une activité de type cardio associée à de la musculation.

Cette stratégie d’activité permet de mobiliser les acides gras des graisses viscérales pour fournir de l’énergie aux muscles pendant l’effort mais aussi de resensibiliser les cellules musculaires à l’insuline. Cela entraine alors une diminution des triglycérides et de la quantité de sucre dans le sang, diminuant de ce fait tous les risques associés au surplus de graisses viscérales tout en affinant sa silhouette.

Les graisses sous-cutanées

Il s’agit des graisses présentes sous notre peau, partout sur notre corps. Il s’agit aussi du type de graisse que la plupart des gens cherchent à se débarrasser pour améliorer leur esthétisme corporelle. Là encore, la répartition de ces graisses n’est pas uniforme sur tout le pourtour de notre corps. Certaines parties du corps sont bien plus pourvues que d’autres en terme de graisses sous cutanées.

Par ailleurs, les hormones sexuelles jouent là encore un rôle déterminant dans cette répartition avec une accumulation préférentielle de graisses sous cutanées dans le bas du dos et la région abdominale chez les hommes. Tandis que chez les femmes, les graisses sous cutanées sont davantage présentes sur les hanches et les cuisses.

Les hormones mises en jeu sont, en particulier, la testostérone et le cortisol pour les hommes. Un faible taux de testostérone associé à un taux élevé chronique de cortisol favorise l’accumulation de graisses sous-cutanées. Chez les femmes, les ostéogènes et la progestérone tendent à empêcher l’accumulation de graisses sous-cutanées au niveau abdominal.

Cette particularité s’explique par le fait qu’un excès de graisses au niveau du ventre risque de porter préjudice au bon développement du fœtus. Le rôle des hormones femelles dans la répartition des graisses sous-cutanée est donc de favoriser le développement d’un environnement propice à la reproduction et la gestation. En fait, les recherches ont montré qu’une fois passée la ménopause, les femmes qui ne suivent pas une thérapie d’hormones de remplacement subissent un réarrangement de la distribution de leurs graisses. Elles perdent une partie de leurs graisses au niveau des hanches et des cuisses et en prennent au niveau abdominal.

Outre les hormones, la répartition des graisses sous cutanées est très individuelle. Certaines personnes auront tendances à accumuler ce type de graisses principalement dans le dos, d’autres sur les cuisses, le torse ou encore les bras, tandis que certains individus auront une répartition très uniforme rendant leur silhouette plus esthétique avec l’impression qu’elle est moins grasse.

Les graisses persistantes

Il ne s’agit pas d’un type de graisses à proprement dit mais plutôt d’une déclinaison des graisses sous-cutanées parmi lesquelles il y a les « normales » et les « persistantes ». On ne perd ni ne gagne de la graisse de manière uniforme. Il est plus facile de perdre de la graisse à certains endroits et plus difficiles à d’autres. Les graisses que je qualifie de « persistantes » sont celles qui, malgré des efforts acharnés avec la diète et l’activité physique, ne sont pas mobilisées pour fournir de l’énergie alors même que le taux de masse grasse de la personne est relativement très bas.

Ces graisses sont bien souvent localisées dans le bas du haut, sur les hanches, sur le bas de l’abdomen ou encore le muscle fessier. La proportion et la localisation de ces graisses sont très individuelles et représentent un véritable challenge pour quiconque souhaite les perdre.

Principales localisation des graisses « persistantes »

A cette difficulté s’ajoute le fait même si on arrive à les éliminer, elles reviendront en premier lors du moindre excédent calorique. Malgré cela, bon nombre de personne cherche absolument à les déloger à cause de l’aspect disgracieux que procurent ces amas de graisses localisées à certains endroits.

Il existe plusieurs raisons qui expliquent pourquoi les graisses « persistantes » sont persistantes. J’expliquerai cela dans un article qui traite de la compréhension des processus de la perte de gras.

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