Comprendre le cycle lipidique

Afin de bien comprendre en quoi consiste le cycle lipidique, commençons par poser quelques bases à propos des lipides.

Lorsque nous consommons un repas, les lipides ainsi que les autres constituants du bol alimentaire sont pris en charge par des enzymes qui les découpent en petits morceaux de façon à pouvoir ensuite être absorbé au niveau intestinal. Une fois absorbé par les cellules intestinales, les nutriments peuvent alors être relâchés dans la circulation sanguine.

Cependant, les lipides ne peuvent pas directement entrer dans la circulation sanguine comme c’est le cas avec les protéines et les glucides. Les lipides étant hydrophobes, ils ne peuvent pas se solubiliser dans le plasma sanguin constitué en majeur parti d’eau. Ainsi, après absorption par le tractus digestif, les lipides sont enveloppés par des molécules de forme sphérique que l’on nomme lipoprotéines.

Les lipoprotéines ont comme fonction de transporter les lipides à travers la circulation sanguine. Cela est rendu possible car les lipoprotéines sont constituées d’une couche externe hydrophile.

Cette couche comprend des protéines, appelée apoprotéines, ainsi que des phospholipides dont on sait que la tête (côté phosphore) est hydrophile. Ainsi, le maillage reliant les apoprotéines et les phospholipides créé une couche étanche permettant d’abriter les lipides contenu à l’intérieur du contact avec le plasma sanguin.

Le contenu lipidique est majoritairement représenté par des triglycérides, mais on trouve également du cholestérol, des vitamines liposolubles et d’autres substances à caractère lipidique comme le CoQ10, la choline ou encore la lécithine.

Les apoprotéines constituants la couche externe des lipoprotéines servent de code barre en quelques sortes. Leurs formes permets à certains récepteurs de les identifier et de les différencier parmi les différentes lipoprotéines. Plus précisément, les apoprotéines indiquent l’origine de la lipoprotéine et sa contenance. Je reviendrai sur cette particularité un peu plus loin.

Il existe plusieurs type de lipoprotéines que l’on classe selon leur densité et leur taille. Plus une lipoprotéines est riche en protéines, plus celle-ci est dense. A l’inverse, plus elle est riche en lipide, moins elle est dense.

Le cycle lipidique commence donc au niveau de l’intestin où sont synthétisés des protéines de transport que l’on nomme chylomicrons. Le contenu lipidique du bol alimentaire est placé à l’intérieur des chylomicrons et peut alors rejoindre la circulation sanguine. Les chylomicrons sont les lipoprotéines les plus grandes mais aussi les moins denses car transportant majoritairement des triglycérides et du cholestérol.

Après avoir quitté les cellules intestinales, les chylomicrons circulent pendant plusieurs heures dans le plasma sanguin et délivrent aux cellules qui nécessitent de l’énergie, tout ou partie de son contenu en lipide.

Les tissus dans le besoin d’énergie vont alors signaler aux cellules endothéliales proche de la circulation sanguine de synthétiser une protéine spéciale. Cette protéine a pour but d’identifier un chylomicrons et de l’attraper pour que celui-ci puisse accoster la cellule. A partir de là, une partie des triglycérides contenus dans le chylomicrons est déversée et pénètre dans les cellules du tissus dans le besoin d’énergie.

Plusieurs heures après un repas, à mesure que les chylomicrons s’appauvrissent en lipides, d’autres organes prennent le relais pour fournir au sang un taux de triglycérides acceptable.

C’est le cas du foie qui permet le recyclage des chylomicrons encore présents dans la circulation sanguine et dont la densité a diminuée (car diminution des triglycérides). Il permet aussi l’élimination par la bile de certaines lipoprotéines endommagées. Le foie joue en fait un rôle de centre de tri où il collecte uniquement les lipoprotéines qu’il juge réutilisables et une fois qu’il a collecté suffisamment de lipides, il crée ses propres lipoprotéines que l’on nomme VLDL.

VLDL pour « very low density lipoproteins » sont des lipoprotéines plus petites que les chylomicrons et qui comportent des apoprotéines sur sa couche externe qui lui sont propre pour sa reconnaissance. Une fois synthétisées, les VLDL sont relâchées dans la circulation sanguine pendant plusieurs heures pour délivrer peu à peu leur contenu en lipide aux tissus dans le besoin.

De la même manière que les chylomicrons, les VLDL vont, soit être entièrement captées par une cellule du corps, soit être excrétées par la bile, ou bien être de nouveau recyclées par le foie pour servir à la synthèse de nouvelles lipoprotéines encore plus petites que l’on nomme LDL.

LDL, pour « low density lipoproteins » est aussi appelées « mauvais cholestérol ». Cette appellation est doublement fausse car, non seulement il ne s’agit pas de cholestérol mais d’un complexe comportant différentes molécules (dont du cholestérol), mais aussi car cette protéine de transport n’est pas mauvaise en soit. En effet, si le corps en créé c’est qu’il en a vraisemblablement besoin, n’oublions pas que la nature est bien faite. Si cette lipoprotéine est qualifiée de mauvaise c’est que, présente en grande quantité, elle est associée à un plus grand risque de maladies cardio-vasculaires. Mais dans ce cas, le LDL n’est qu’un indicateur et pas la cause du problème !

Les LDL vont à leur tour distribuer leur contenu lipidique aux tissus cibles du corps. Leur petite taille font que ces lipoprotéines ont la possibilité de subvenir aux besoins de certains tissus inaccessibles par les autres lipoprotéines à cause de leur trop grande taille.

Schéma montrant les différentes voies d’entrées et boucles du cycle des lipoprotéines

Les LDL peuvent aussi être synthétisés par les tissus périphériques du corps comme la peau par exemple. Le cycle lipidique comprend donc 3 boucles :

  • La première commence au niveau des cellules intestinales avec les chylomicrons qui distribuent les lipides que l’on vient de consommer.
  • La deuxième au niveau du foie avec les VLDL et les LDL
  • La troisième au niveau des tissus périphériques où sont relâchés là aussi des LDL (peau, cerveau, autres organes).

Chacune des lipoprotéines disposent d’apoprotéines qui leur sont propres et qui leur servent de moyen d’identification par les cellules. Les apoprotéines ont aussi pour fonction de faciliter l’accostage des lipoprotéines en bordure des cellules.

Si une apoprotéine est endommagée, elle ne peut alors plus exercer sa fonction de reconnaissance vis à vis de la lipoprotéine. Cette dernière n’est alors pas reconnue et ne pourra pas être captée par les cellules. La lipoprotéine ère donc dans la circulation sanguine sans pouvoir délivrer son contenu.

Quand le cycle lipidique fonctionne à merveille, les artères sont flexibles, souples, propres et non encombrées. Cependant, lorsque des lipoprotéines sont dans l’incapacité de délivrer leur contenu en lipide aux cellules cibles, elles s’entassent dans la circulation sanguine et finissent par endommagées les cellules épithéliales des artères.

Dans un prochain article, je parlerai de l’influence de l’alimentation sur le bon fonctionnement du cycle lipidique. J’enchainerai sur la façon dont les lipoprotéines participent à l’apparition des maladies cardio-vasculaires.

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