I- L’évolution de la santé ostéo-musculaire à travers l’histoire


I.1 Le mode de vie au paléolithique
I.2 De l’antiquité jusqu’au 18ème siècle
I.3 Les découvertes curatives du rachitisme

 

I.1 Le mode de vie au paléolithique

Le paléolithique commence environ il y a environ 3 millions d’année avec l’apparition des premiers hommes sur Terre. Cette période s’étend jusqu’à 10 000 ans avant JC avec l’apparition de l’agriculture et l’installation de la sédentarité de l’homme.

Le paléolithique représente alors de loin la plus longue période  qu’ait connu l’histoire de l’humanité. Ainsi, de nombreuses théories nous laissent à penser que l’homme d’aujourd’hui ne se serait toujours pas adapté à nos  nouvelles habitudes de vie et de nutrition et qu’il faudrait prendre le style de vie paléo comme exemple afin de couvrir au mieux nos besoins physiologique et nutritif.

En effet, bien que la période du paléolithique se soit achevée il y maintenant plus de 12 000 ans, si l’on ramène l’histoire de l’humanité à une année civile, nous ne sommes devenus sédentaire et dépendant de l’agriculture que depuis 36h. Cette image nous permet d’émettre l’hypothèse que nos habitudes de vie sont inadaptées à notre métabolisme.
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Quelle sont alors les différences entre le mode de vie paléo d’autrefois avec notre mode de vie actuelle ? Nombre de paramètres peuvent être énumérés cependant, nous relèverons ici le fait que l’homme paléo passait la majeure partie de son temps en quête de nourriture et donc en extérieur.

En effet, l’homme paléo était un chasseur-cueilleur qui devait probablement être exposé à la lumière du jour et du soleil de manière régulière et prolongée, ce qui est strictement en opposition avec le style de vie de l’humain moderne moyen tel qu’on le connait aujourd’hui.

De nos jour, le quotidien des gens se résume, pour la plupart, à passer la majeure partie de la journée dans un bureau, les transports en commun, les magasins ou encore à rester chez soi avec ses proches. De ce fait, nous passons beaucoup moins de temps exposé au soleil comme pouvait le faire l’homme paléo.

mc3a9tro-boulot-dodo1D’autre part, selon Gilles Delluc, préhistorien spécialiste de la vie des Cro-Magnon (vie, nutrition, sexualité) : « Les signes osseux de carence sont pratiquement absents. On note seulement de discrets signes de rachitisme chez un des deux enfants de Grimaldi (Italie), cette intégrité osseuse témoigne d’une nutrition correcte, qui bat en brèche la précaire « subsistance » traditionnellement attribuée aux Paléolithiques[1]

Ainsi, il semblerait que l’homme paléo n’ait pas été sujet à tous les problèmes de santé ostéo musculaire que nous rencontrons aujourd’hui. On peut alors émettre l’hypothèse selon laquelle le style de vie et plus particulièrement l’exposition au soleil puisse avoir fortement contribuée à l’intégrité de la santé osseuse de l’homme d’autrefois.

Durant la suite de ce travail, nous démontrerons la véracité de cette hypothèse avec des preuves scientifiques à l’appui.

 

I.2 De l’antiquité jusqu’au 18ème siècle

Dès l’antiquité, des récits de l’époque font référence à des malformations osseuses qui s’apparentent fortement au rachitisme que l’on connait aujourd’hui. Selon la définition proposée par Wikipédia : « Le rachitisme est une maladie de la croissance et de l’ossification observée chez le nourrisson et le jeune enfant. Elle se caractérise par une insuffisance de calcification des os et des cartilages » [2]. On peut aussi ajouter à cela les symptômes cliniques du rachitismes que sont : [3]

  • La mollesse des os du crâne, symptômes visibles chez les nouveaux nés âgés de plus de 3 mois. Avant cela, le pariétal et l’occipital sont normalement mou. Cette mollesse peut s’accompagner d’un retard à la fermeture des fontanelles, retard de l’éruption dentaire ou encore la voûte du palais en ogive.
  • Le crâne subit des déformations : aplatissements latéraux, aspect de tête carrée.
  • Des déformations osseuses prédominantes sur les membres inférieurs, d’autant plus visibles en position de marche (voir schéma ci-contre).
  • Des déformations au niveau du bassin pouvant causées le décès maternel lors de l’accouchement.
  • Une perte de tonus musculaire

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Dans son livre « Métabolisme phosphocalcique et osseux de l’enfant », Michèle Garabédian nous dit que «le rachitisme est connu depuis l’Antiquité, les écrits d’Hippocrate et de Soranus d’Ephèse semblant faire mention de ces déformations» [4]. Aussi, il est à noter que ces constats ont été faits principalement sur des enfants vivant dans des régions pauvres et faiblement ensoleillées.

De même, dans son livre « Les maladies à l’aube de la civilisation occidentale », Mirko D. Grmek souligne que « le rachitisme serait devenu apparent sous l’Empire romain, lié à la concentration urbaine, aux changements des habitudes alimentaires, et à la paupérisation de certaines couches de la population » [5].

Enfin, d’après un article paru dans « American Journal of Physical Anthropology », les preuves archéologiques modernes ont démontré que les enfants romains n’étaient pas exempts de cette déformation osseuse.

En effet, selon les auteurs de l’article, des experts Anglais affirment qu’environ 1 enfant Romain sur 20 présentait des symptômes qui s’apparent au rachitisme [6]. Ce constat a été fait à la suite d’une analyse de 2787 squelettes recueillis dans 18 cimetières Romains différents dispersés à travers l’Europe de l’Ouest. Les experts soulignent par ailleurs que la majorité des cas qui s’apparentes au rachitisme ont été trouvé le plus au Nord sur les îles Britanniques où le ratio d’enfants touchés par la maladie s’élevait alors à 1/10 [6].

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Beaucoup plus tard, au XVIIème siècle, les anglais Whistler et Glisson constatent une plus grande fréquence de rachitisme chez les enfants vivant dans les grandes villes [7].. Par ailleurs, dans son ouvrage « Rickets and Osteomalacia », R. Ted Steinbock précise que «le climat moins ensoleillé de l’Europe du Nord, les nouvelles conditions démographiques et socio-économiques peuvent avoir augmenté les cas de rachitisme» [8].

Malgré le peu d’informations dont nous disposions concernant le rachitisme jusqu’au début du XVIIIème siècle, on peut toutefois noter que les dénominateurs communs retrouvés dans toutes les études de cas sont : le manque d’exposition au soleil, la pauvreté et par là même, la dénutrition.

Le chapitre suivant aura pour objectif de mettre en lumière la relation entre les potentielles causes du rachitismes évoquées jusqu’à présent et les découvertes curatives qui ont pu être établies pour cette maladie.

 

I.3 Les découvertes curatives du rachitisme

Le tout premier traitement évoqué pour soigner ou, du moins, améliorer l’état de santé des enfants touchés par le rachitisme remonte au XVIIIème siècle. Le médecin anglais Thomas Percival préconise alors l’administration d’huile de foie de morue comme remède potentiel à la maladie après en avoir observé les effets bénéfiques au cours de ses expériences [9].
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Par la suite, c’est au XIXème siècle que le médecin français Armand Trousseau complète cette préconisation en conseillant également l’exposition au soleil. De la même manière, on apprend par E.Faure dans un article paru sur le site médical «caducee» que : «En 1890, le médecin anglais Palm, après une étude épidémiologique, conclut que le seul dénominateur commun pour expliquer le rachitisme est le manque d’exposition au soleil » [10].

Puis, c’est véritablement à partir du XXIème siècle qu’est mise en avant la nature biochimique et environnementale de la maladie. En effet, on apprend, une nouvelle fois grâce à l’œuvre de R. Ted Steinbock : « Rickets and Osteomalacia » , qu’un certain Leonard Findlay arrive en 1908 à reproduire la maladie du rachitisme chez des chiots en les maintenant confinés dans des endroits sombres. [8].

De plus, en 1917, Hess et Unger montrent qu’ils peuvent prévenir le rachitisme, non seulement par l’huile de foie de morue, mais aussi par exposition au rayonnement ultra-violet [11]. Il ne fait alors plus aucun doute qu’il existe une propriété bénéfique commune entre l’huile de foie de morue et les rayons solaires.

Enfin, en 1922, Mc Collum découvre que l’huile de foie de morue conserve ses vertus antirachitiques même après avoir été démunie de la vitamine A qu’elle contient [12]. Selon le chercheur, il y aurait alors une autre substance liposoluble responsable des effets bénéfiques que procure l’huile de foie de morue vis à vis du rachitisme. Cette substance est alors baptisée « vitamine D ». C’est donc depuis le début du XXème siècle qu’il est devenu courant d’administrer de l’huile de foie de morue à des enfants en bas âge afin de prévenir le rachitisme.

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Cependant, selon plusieurs ouvrages historiques, les premiers à avoir utilisé l’huile de foie de morue non pas comme aliment mais aussi comme médicament préventif étaient les scandinaves à partir du début du XVIIIème siècle, aussi appelés vikings à cette époque. Selon les récits scandinaves, les pêcheurs avaient pour coutume de consommer de l’huile de foie de morue pour réduire les douleurs articulaires et musculaires.

 

Introduction

I- L’évolution de la santé ostéo-musculaire à travers l’histoire

I.1 Le mode de vie au paléolithique
I.2 De l’antiquité jusqu’au XVIIIème siècle
I.3 Les découvertes curatives du rachitisme

II- La naissance de la vitamine D

II.1 Son élaboration par la science
II.2 Les principales sources de vitamine D
II.3 Ses rôles physiologiques sur la santé ostéo-musculaire

III- Où en est la science aujourd’hui ?

III.1 Le point sur le statut vitaminique D de la population Française
III.2 Apports en vitamine D et santé osseuse
III.3 Apports journaliers recommandés
III.4 Existe t-il une dose optimale ?

Conclusion

Bibliographie

 

Autres travaux de recherche

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