III- Où en est la science aujourd’hui ?


III.1 Le point sur le statut vitaminique D de la population Française
III.2 Apports en vitamine D et santé osseuse
III.3 Apports journaliers recommandés
III.4 Existe t-il une dose optimale ?

 

III.1 Le point sur le statut vitaminique D de la population Française

Pour commencer, nous pouvons nous référer à l’étude nationale de nutrition santé réalisé par l’ENNS en 2006-2007 et qui évalue le statue en vitamine D d’un très large échantillon de la population Française.

L’objectif de cette étude était de décrire la prévalence du déficit en vitamine D et ses facteurs associés dans la population adulte vivant en France métropolitaine. Les analyses ont porté sur 1587 adultes ne prenant pas de traitement médicamenteux à base de vitamine D.

Les résultats sont sans appels, 80,1% des adultes de l’étude présentent un déficit en vitamine D. A noter que 42,5% d’entres eux présentent un déficit modéré à sévère tandis que 4,8% présentent un déficit sévère [21].

vitamine-d-2Parmi les facteurs pouvant expliquer ces résultats catastrophiques, le fait d’être né hors d’Europe, de ne pas partir en vacances et de résider dans un endroit faiblement ensoleillé sont les plus significatifs.

Afin de palier à ce problème de carence, outre le fait de s’exposer plus régulièrement au soleil qui n’est hélas pas donné à tout le monde, certaines habitudes alimentaires peuvent être modifiées. Par exemple, en augmentant sa consommation de poisson gras ou bien tout simplement en ayant recours à la supplémentation médicamenteuse de vitamine D, nous reviendrons un peu plus loin sur la dose optimale à prendre dans ce cas.

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Par ailleurs, le taux de calcitriol varie grandement selon les saisons puisque ce dernier est fortement lié aux rayons UVB du soleil. De ce fait, en hiver la carence en vitamine D et les risques qui lui sont liés augmentent considérablement.

C’est ce qu’à démontrer une étude en analysant les taux de calcitriol de 54 adolescent Français (13 – 16 ans) sur une période de 18 mois où un échantillon a été prélevé tous les 4 mois. Dans un premier temps, les chercheurs ont pu constater que les taux de calcitriol des sujets étaient bien plus bas durant l’hiver que durant les autres périodes de l’année avec des taux inférieur à 10ng/ml chez 72% d’entres eux.

Puis, dans un second temps, les chercheurs ont donné aux adolescent une supplémentation en vitamine D à hauteur de 100 000UI ou un placebo sur 3 périodes : Septembre, Novembre, Janvier. Les taux de calcitriol circulant ont été mesuré au moment des prises puis en Mars à la fin de l’hiver.

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La conclusion des chercheurs est que la supplémentation en vitamine D3 a permis de maintenir des taux de calcitriol semblables à ceux mesurés en été durant tout l’hiver [22].

Il s’avère que le statut vitaminique de la population Française laisse apparaitre clairement une carence en vitamine D et ce, principalement en hiver. Un apport supplémentaire en vitamine D3 peut venir contrebalancer cette carence et engendrer des effets bénéfiques sur la santé osseuse comme nous le verrons dans la sous partie suivante.

 

III.2 Apports en vitamine D et santé osseuse

La vitamine D fait partie des sujets les plus étudiés et médiatisés au cours de ces dernières années. En effet, d’après Anthony Berthou, nutritionniste spécialisé en micro-nutrition et sport-santé, cette dernière a été référencée dans plus de 74 200 publications à ce jour en 2018 [23].

Si l’on remonte en 1992, une étude a démontré que dans un large collectif de femmes âgées (en moyenne 84 ans), vivant principalement en institution, une supplémentation de calcium et de vitamine D (respectivement 1200mg et 800UI/jour) diminuait significativement le risque de fracture de hanche ainsi que de toutes les fractures non vertébrales [24].

On peut mentionner aussi une récente étude datant du début d’année 2018 concernant l’effet d’une supplémentation en vitamine D3 sur la prolifération et la minéralisation de cellules osseuses chez l’humain. Dans cette étude regroupant des hommes et femmes de 75 ans d’âge moyen, une dose de 100 000 UI de vitamine D a été administrée tous les 4 mois et a montrée une nette amélioration de la santé osseuse des participants avec une meilleure minéralisation osseuse et une meilleure absorption du calcium [25].

imageLa science ne s’arrête pas là puisque de nombreuses études viennent confirmer les résultats qui ont pu être observés avec les 2 précédentes études mentionnées ci-dessus.

Entre autres, une méta-analyse portant sur l’impact d’une supplémentation en vitamine D contre le risque de fracture de hanche, de fracture non vertébrale, pour un total de plus de 19000 participants. Les doses de vitamine D administrée étaient de 700-800UI/jour et les résultats montrent une diminution des risques de ces fractures de 23% à 26% contre placebo. Les auteurs précisent par ailleurs qu’il est nécessaire d’atteindre des taux de calcitriol aux alentours de 100 nmol/ml afin d’obtenir cet effet anti-fracturaire [26].
os-calciumEnfin, pour en revenir à la pathologie qui nous a permis de découvrir la vitamine D, le rachitisme, nous pouvons faire valoir une étude de 1999. Dans cette dernière, on a comparé l’effet d’une supplémentation en vitamine D contre placebo durant la première année civile d’un groupe de 106 filles. Puis, les chercheurs ont analysé certains marqueurs de santé osseuse chez ses mêmes filles 8 ans plus tard.

A la fin de l’étude, les chercheurs conclus que la densité minérales osseuses des filles ayant reçu de la vitamine D3 en complément est bien meilleure que celle du groupe de contrôle [27].

 

III.3 Apports journaliers recommandés

Le débat concernant la dose de vitamine D journalière fait rage au sein des nombreux instituts de recherche et organisations de santé à travers la monde. A l’heure actuelle, personne n’a pu se mettre d’accord sur la dose minimale requise de vitamine D pour prévenir les carences.

Tandis que l’ANSES (agence national de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) préconise une dose journalière de 600UI/jour [28], la fondation contre le cancer préconise seulement 200UI/jour pour les hommes et femmes adultes jusqu’à l’âge de 50ans [29].

Mais cette divergence d’opinion allant du simple au triple ne s’arrête pas là car l’Académie Nationale de Médecine, dans son rapport du 15 Mai 2012, fait état d’un besoin quotidien recommandé aux alentours de 1000UI/jour tout âge et sexe confondu [30].

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Pour ce qui est des avis des chercheurs, le discours concernant les apports nécessaires de vitamine D est bien différent. En effet, selon des chercheurs américains, pour dépasser le seuil de carence, 1640 UI de vitamine D3 par jour sont nécessaire dans 97.5% des cas. [31].

De plus, ces mêmes chercheurs vont encore plus loin puisqu’ils précisent qu’on constate une diminution du risque de cancer et de maladie cardiovasculaire avec un apport journalier de vitamine D d’environ 4000UI.

Par ailleurs, une analyse de Mars 2007 vient confirmer les conclusions de l’étude précédente. Ainsi, les femmes avec un taux sanguin de calcitriol supérieur à 52 ng/ml ont deux fois moins de risque de cancer du sein que celles dont le taux étaient inférieur à 13 ng/mL. Ce niveau correspond à une consommation de 4000 UI/jour [32].

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De la même manière, une autre méta-analyse de 2007 a montré que les personnes dont le taux de calciférol est supérieur à 33 ng/mL ont deux fois moins de risque de cancer que celles dont le taux est inférieur à 12 ng/mL. Pour cela, selon les chercheurs, il faudrait consommer environ 2000 UI/jour de vitamine D [33].

Enfin, dans un rapport de 2010, Armin Zittermann, un chercheur de l’université de Bochum, estime qu’il est nécessaire de consommer 2000 UI de vitamine D chaque jour en hiver pour prévenir les maladie cardiovasculaires [34].
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On constate alors une discordance entre les apports journaliers recommandés de vitamine D et les apports mis en avant par les études scientifiques. Afin de profiter pleinement des nombreux bénéfices que semble procurer la vitamine D, il serait judicieux d’augmenter grandement ses apports.

Cependant, il faut bien distinguer les apports recommandés, dont le but est de prévenir les carences, des apports optimaux qui apportent des bénéfices sur la prévention de nombreuses maladies et la santé en générale.

 

III.4 Existe t-il une dose optimale ?

Si pour la santé ostéo-musculaire des doses quotidiennes d’environ 1000UI semblent être suffisantes, il apparait que pour lutter contre les cancers et autres maladies de civilisation les apports optimaux soient bien plus élevés.

Cependant, à ce jour, nous ne disposons pas assez d’études mettant en relation les apports de vitamine D et les nombreuses maladies qu’elle peut aider à prévenir. Un élément de réponse est néanmoins présent depuis le début de ce rapport : le mode de vie au paléolithique. En effet, si l’on considère que notre patrimoine génétique a très peu évolué depuis cette époque, nos gènes sont donc toujours très proches de ceux de nos ancêtres.

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Ainsi, il pourrait paraitre logique que nos besoins en vitamine D soit déterminés par ce qui fut autrefois le mode de vie de l’espèce humaine, c’est à dire une exposition régulière et prolongée à la lumière du jour tout au long de l’année.

Les personnes qui aujourd’hui ont une telle exposition au soleil sont rares, mais on peut prendre comme référence les maîtres nageurs sauveteurs américains. A ce titre, une étude réalisée sur ces personnes nous montre qu’elles peuvent facilement avoir des taux de calciférol supérieur à 100ng/mL en été et de 65 ng/mL en moyenne. Pour atteindre de tels niveaux, les chercheurs ayant réalisés l’étude suggèrent un apport d’au moins 4000 UI/jour de vitamine D [35].
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En outre, une nouvelle étude vient remettre au goût du jour la façon d’évaluer le besoin journalier en vitamine D car cette dernière laisse apparaitre que les apports sont dépendants de la corpulence de la personne. En effet, pour atteindre des taux de calciférol identiques chez deux personnes de masse corporel différente, les apports de vitamine D sont eux aussi différents.

Les chercheurs recommandent alors de prendre comme valeur de référence 75UI/kg de poids corporel pour le calcul du besoin quotidien [36]. Pour une femme de 60Kg, cela revient à consommer 4500 UI/jour de vitamine D. Ce calcul semble être en parfaite adéquation avec les constats précédents qui indiquent qu’un apport d’au moins 4000 UI/jour est nécessaire et bénéfique quelque soit le gabarit de la personne.

Se pose tout de même la question de l’existence d’une dose de vitamine D à ne pas dépasser, pour laquelle des effets néfastes seraient constatés. La réponse nous est donné dans une étude où les chercheurs ont pu mettre en évidence, à l’aide d’un large éventail d’étude sur le sujet, que la limite physiologique de vitamine D se situe entre 10 000 et 20 000 UI par jour comme en témoigne le graphique ici de l’étude ci-contre: [37]

graphLes chercheurs déconseillent de dépasser la dose de 10000 UI/jour dans le cadre d’une supplémentation en raison d’un mécanisme de régulation sous-cutané.

 

Introduction

I- L’évolution de la santé ostéo-musculaire à travers l’histoire

I.1 Le mode de vie au paléolithique
I.2 De l’antiquité jusqu’au XVIIIème siècle
I.3 Les découvertes curatives du rachitisme

II- La naissance de la vitamine D

II.1 Son élaboration par la science
II.2 Les principales sources de vitamine D
II.3 Ses rôles physiologiques sur la santé ostéo-musculaire

III- Où en est la science aujourd’hui ?

III.1 Le point sur le statut vitaminique D de la population Française
III.2 Apports en vitamine D et santé osseuse
III.3 Apports journaliers recommandés
III.4 Existe t-il une dose optimale ?

Conclusion

Bibliographie

 

Autres travaux de recherche

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